Disclaimer : Cet article n’a pas pour but de juger ou dénigrer les non-vegans et non végétariens. J’ai
d’ailleurs pour objectif de m’exprimer sur mon parcours jusqu’à ma transition végan qui est très récente, à
travers ce livre. Attention aux spoilers !
“Cadavre exquis” explore un monde dans lequel les animaux ont disparu en raison d’un virus. Pour se
supplémenter en viande, le cannibalisme devient alors légal, et des scientifiques créent une nouvelle race à
partir de génomes humains.
On y suit un homme, Marcos, qui travaille dans un abattoir et voit chaque
jour les horreurs infligées à des humains qui lui ressemblent... Enfin presque.
Les humains qui sont mangés sont appelés des têtes, et d’ailleurs, ils ne sont pas considérés comme de
réels humains. On leur enlève leurs cordes vocales, sûrement parce que c’est plus facile de tuer un
individu qui ne cris pas.
Dans ce livre, l’expression “être traité comme un animal” prend tout son sens. Les femelles sont
exploitées pour leur lait, et leurs bébés tués pour être mangés. C’est d’ailleurs l’un des passages qui met le
plus en tension le concept de dissonance cognitive, puisque des hommes se retrouvent à manger de la
viande de bébé pour célébrer une naissance.
La dissonance cognitive est une théorie qui vise à expliquer comment certains comportements ou
croyances peuvent entrer en contradiction. Par exemple, manger un bébé tout en célébrant la naissance
d’un autre bébé constitue deux actions incompatibles. C’est ce que l'on appelle une dissonance.
Dans le livre, chaque passage est écrit de sorte à faire ressortir cette cruauté et ces contradictions de la part
de ceux qui mangent de la “viande”.
J’ai moi même fait partie de ce système qui exploite et assassine les animaux pour le simple plaisir des
humains. Quand on y pense, boire du lait de vache nous paraît totalement normal alors que boire du lait de
chienne ou même du lait humain nous répugne. Pourtant ce lait est fabriqué de la même façon, et est
destiné uniquement à leurs petits.
Un autre passage du livre qui expose ce concept de dissonance cognitive, est un scandale ayant exposé une
famille qui utilisait des têtes comme esclaves. Une fois l’affaire exposée au grand jour, l’opinion publique
était déjà toute tracée : “L'esclavage, c’est la barbarie”.
Mais qu’est ce qui détermine ce qui est ou non de la barbarie ?
On peut être en droit de se demander pourquoi le fait d’exploiter, torturer et tuer des êtres pour leur peau,
leur lait, leur chair n’est pas considéré comme de la barbarie mais exploiter un corps pour son travail l’est.
En réalité, c’est facile de fermer les yeux sur des sujets que l’on ne connaît pas.
La première fois que j’ai entrouvert un œil, c’était il y a 3 ans. J’ai commencé à ne plus cuisiner de
viande. Mais c’était très difficile de modifier les habitudes alimentaires de mes 20 dernières années.
Heureusement, j’ai trouvé refuge dans les recettes d'instagram. Et puis au fil du temps, j’ai commencé à
me questionner de plus en plus sur la condition des animaux et la façon dont ils sont tués pour être
mangés. Rien de tout cela ne me paraissait naturel, ou nécessaire.
Je me sens stupide d’avouer ça, mais ce n’est qu’a 20 ans que j’ai réalisé que pour qu’une vache
produise du lait il fallait qu’elle accouche... C’est logique... mais ce sont juste des choses auxquelles on
ne pense pas, des choses qu’on ne voit pas. On les force à être enceinte et à accoucher toute l’année. Et
pour récupérer le lait, il faut bien se débarrasser de leurs bébés... et c’est comme ça que l’on mange du
veau.
TW : Je vais mettre plusieurs articles et documentaires sur le sujet des abattoirs à la fin de cet article, dont le contenue peut être violent. Il y a également un documentaire à regarder dans l'onglet "documentaire" pour les curieux.
Mais arrêter de boire du lait n’a pas été difficile pour moi. D’abord parce que je n’aime tout simplement
pas le goût, mais aussi parce que c’est très facile de trouver des alternatives végétales.
Puis, à mes 22 ans, j’ai fait une colocation avec ma meilleure amie végétarienne. A ce stade je ne mangeais
plus que du poulet et du magret de canard au restaurant. La transition a été vraiment longue pour moi car
j’avais peur de détester les options végétariennes. J’avais été habitué à manger de la viande. Mais de fil en
aiguille et grâce à ma propre éducation, j’avais enfin ouvert mes deux yeux.
Et c’est alors que j’ai arrêté
de voir la chair animale comme un aliment à consommer mais comme un cadavre assassiné.
Je pense que ce qui m’a le plus secoué pendant ma transition végan, c’est un post thread que j’ai lu une
fois.
Il était dit que la consommation de n’importe quel produit laitier faisait des féministes des hypocrites car
il s’agit de la forme d’exploitation la plus extrême.
A mes 23 ans, je suis devenue végane.
Et puis j'ai réalisé le "génie" du marketing qui essaye de nous montrer à quel point les animaux sont heureux de se faire exploiter et torturé :
Mais c’est maintenant que je réalise que c’était la partie la plus facile.
Le plus difficile c’est de se sentir rejeté par absolument tout le monde. Les produits laitiers et l’industrie
de la viande dominent littéralement tout le secteur alimentaire. Même les fruits peuvent parfois ne pas être
végan ! Manger dehors s'avère être un enfer. Et niveau pique nique, disons que j’ai de la chance d’habiter dans
une grande ville.
J’ai lu “Cadavre exquis” après ma transition alimentaire. Mais j’aurais aimé le lire avant. J'aurais aimé
savoir ce que j'aurais pensé il y a deux ans, si je serai devenu végan plus tôt ou non.
Mais ce livre n’explore pas seulement le monde de l’abattoir, il parvient aussi à retranscrire la lutte des
classes. La viande a une qualité, et ce ne sont que les riches qui peuvent se permettre de se procurer la
meilleure.
En plus de cela, la chasse se transforme. Pour moi, ce sont les passages sur la chasse qui témoignent le plus de la cruauté
humaine. Ces passages accentuent le plaisir de tuer plus que de manger.
L’autrice nous expose un monde où règne la violence, un monde où se manger est préférable à un monde
vegan, mais pourquoi ?
Il y a cette théorie qui revient dans le livre : la régulation de la population.
Mais aussi, que deviendrait toutes les personnes travaillant dans l’industrie de la viande ? Le protagoniste
le dit lui même, travailler dans un abattoir c’est tout ce qu’il sait faire.
Au final, je pourrais citer autant d’excuses que nécessaire pour justifier les actes cannibales, mais ce qui
est sûr c’est que le livre nous transmet un univers où l’empathie n’existe plus.
Ce livre est froid, chirurgical même dans sa façon de transmettre l’horreur que l’on lit. Mais si ce livre
dérange c’est parce que ce sont des humains qui sont concernés. Pourtant, c’est une réalité pour des
milliards d’animaux.
Sources : compte instagram : https://www.instagram.com/association_l214/
- World Health Organization (2023). Red and processed meat in the context of health and the environment: many shades of red and green: information brief. World Health : https://onav.fr/rapport-de-loms-sur-limpact-sur-la-sante-et-lenvironnement-de-la-consommation-de-viandes-rouges-et-de-viandes-transformees/
- documentaire Arte : https://www.arte.tv/fr/videos/123428-012-A/est-il-vrai-que-nous-avons-toujours-mange-de-la-viande/
- Recettes alternatives végan : https://vegan-pratique.fr/recettes/
I love this book. Reading about your journey with it was so interesting. The point about marketing making animals appear "happy" as a means of seeming approving of their constant exploitation gave me something new to consider. Really well done! Much love, https://unanchoredmusings.blogspot.com xx
RépondreSupprimerThank you <3 !! I didn't write it but this type of marketing is called "suicide food", if you want to learn more about it
RépondreSupprimerone of my favorite books!
RépondreSupprimerSame ! I need to read everything she wrote !
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