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mercredi 12 août 2026

Cadavre exquis, Agustina Bazterrica : le cannibalisme comme métaphore

Disclaimer : Cet article n’a pas pour but de juger ou dénigrer les non-vegans et non végétariens. J’ai d’ailleurs pour objectif de m’exprimer sur mon parcours jusqu’à ma transition végan qui est très récente, à travers ce livre. Attention aux spoilers !

“Cadavre exquis” explore un monde dans lequel les animaux ont disparu en raison d’un virus. Pour se supplémenter en viande, le cannibalisme devient alors légal, et des scientifiques créent une nouvelle race à partir de génomes humains. 
On y suit un homme, Marcos, qui travaille dans un abattoir et voit chaque jour les horreurs infligées à des humains qui lui ressemblent... Enfin presque. Les humains qui sont mangés sont appelés des têtes, et d’ailleurs, ils ne sont pas considérés comme de réels humains. On leur enlève leurs cordes vocales, sûrement parce que c’est plus facile de tuer un individu qui ne cris pas. 
Dans ce livre, l’expression “être traité comme un animal” prend tout son sens. Les femelles sont exploitées pour leur lait, et leurs bébés tués pour être mangés. C’est d’ailleurs l’un des passages qui met le plus en tension le concept de dissonance cognitive, puisque des hommes se retrouvent à manger de la viande de bébé pour célébrer une naissance.

La dissonance cognitive est une théorie qui vise à expliquer comment certains comportements ou croyances peuvent entrer en contradiction. Par exemple, manger un bébé tout en célébrant la naissance d’un autre bébé constitue deux actions incompatibles. C’est ce que l'on appelle une dissonance. 
Dans le livre, chaque passage est écrit de sorte à faire ressortir cette cruauté et ces contradictions de la part de ceux qui mangent de la “viande”. 


J’ai moi même fait partie de ce système qui exploite et assassine les animaux pour le simple plaisir des humains. Quand on y pense, boire du lait de vache nous paraît totalement normal alors que boire du lait de chienne ou même du lait humain nous répugne. Pourtant ce lait est fabriqué de la même façon, et est destiné uniquement à leurs petits. 

Un autre passage du livre qui expose ce concept de dissonance cognitive, est un scandale ayant exposé une famille qui utilisait des têtes comme esclaves. Une fois l’affaire exposée au grand jour, l’opinion publique était déjà toute tracée : “L'esclavage, c’est la barbarie”.

Mais qu’est ce qui détermine ce qui est ou non de la barbarie ? 

On peut être en droit de se demander pourquoi le fait d’exploiter, torturer et tuer des êtres pour leur peau, leur lait, leur chair n’est pas considéré comme de la barbarie mais exploiter un corps pour son travail l’est. 
En réalité, c’est facile de fermer les yeux sur des sujets que l’on ne connaît pas. La première fois que j’ai entrouvert un œil, c’était il y a 3 ans. J’ai commencé à ne plus cuisiner de viande. Mais c’était très difficile de modifier les habitudes alimentaires de mes 20 dernières années. Heureusement, j’ai trouvé refuge dans les recettes d'instagram. Et puis au fil du temps, j’ai commencé à me questionner de plus en plus sur la condition des animaux et la façon dont ils sont tués pour être mangés. Rien de tout cela ne me paraissait naturel, ou nécessaire.

Je me sens stupide d’avouer ça, mais ce n’est qu’a 20 ans que j’ai réalisé que pour qu’une vache produise du lait il fallait qu’elle accouche... C’est logique... mais ce sont juste des choses auxquelles on ne pense pas, des choses qu’on ne voit pas. On les force à être enceinte et à accoucher toute l’année. Et pour récupérer le lait, il faut bien se débarrasser de leurs bébés... et c’est comme ça que l’on mange du veau. 


 TW : Je vais mettre plusieurs articles et documentaires sur le sujet des abattoirs à la fin de cet article, dont le contenue peut être violent. Il y a également un documentaire à regarder dans l'onglet "documentaire" pour les curieux. 

Mais arrêter de boire du lait n’a pas été difficile pour moi. D’abord parce que je n’aime tout simplement pas le goût, mais aussi parce que c’est très facile de trouver des alternatives végétales.
Puis, à mes 22 ans, j’ai fait une colocation avec ma meilleure amie végétarienne. A ce stade je ne mangeais plus que du poulet et du magret de canard au restaurant. La transition a été vraiment longue pour moi car j’avais peur de détester les options végétariennes. J’avais été habitué à manger de la viande. Mais de fil en aiguille et grâce à ma propre éducation, j’avais enfin ouvert mes deux yeux. 
Et c’est alors que j’ai arrêté de voir la chair animale comme un aliment à consommer mais comme un cadavre assassiné. Je pense que ce qui m’a le plus secoué pendant ma transition végan, c’est un post thread que j’ai lu une fois. Il était dit que la consommation de n’importe quel produit laitier faisait des féministes des hypocrites car il s’agit de la forme d’exploitation la plus extrême. A mes 23 ans, je suis devenue végane. 
Et puis j'ai réalisé le "génie" du marketing qui essaye de nous montrer à quel point les animaux sont heureux de se faire exploiter et torturé : 




Mais c’est maintenant que je réalise que c’était la partie la plus facile. Le plus difficile c’est de se sentir rejeté par absolument tout le monde. Les produits laitiers et l’industrie de la viande dominent littéralement tout le secteur alimentaire. Même les fruits peuvent parfois ne pas être végan ! Manger dehors s'avère être un enfer. Et niveau pique nique, disons que j’ai de la chance d’habiter dans une grande ville. 

J’ai lu “Cadavre exquis” après ma transition alimentaire. Mais j’aurais aimé le lire avant. J'aurais aimé savoir ce que j'aurais pensé il y a deux ans, si je serai devenu végan plus tôt ou non. 
Mais ce livre n’explore pas seulement le monde de l’abattoir, il parvient aussi à retranscrire la lutte des classes. La viande a une qualité, et ce ne sont que les riches qui peuvent se permettre de se procurer la meilleure. 
En plus de cela, la chasse se transforme. Pour moi, ce sont les passages sur la chasse qui témoignent le plus de la cruauté humaine. Ces passages accentuent le plaisir de tuer plus que de manger. L’autrice nous expose un monde où règne la violence, un monde où se manger est préférable à un monde vegan, mais pourquoi ? 
Il y a cette théorie qui revient dans le livre : la régulation de la population. Mais aussi, que deviendrait toutes les personnes travaillant dans l’industrie de la viande ? Le protagoniste le dit lui même, travailler dans un abattoir c’est tout ce qu’il sait faire. 
Au final, je pourrais citer autant d’excuses que nécessaire pour justifier les actes cannibales, mais ce qui est sûr c’est que le livre nous transmet un univers où l’empathie n’existe plus. Ce livre est froid, chirurgical même dans sa façon de transmettre l’horreur que l’on lit. Mais si ce livre dérange c’est parce que ce sont des humains qui sont concernés. Pourtant, c’est une réalité pour des milliards d’animaux.


Sources : compte instagram : https://www.instagram.com/association_l214/ 
- World Health Organization (2023). Red and processed meat in the context of health and the environment: many shades of red and green: information brief. World Health : https://onav.fr/rapport-de-loms-sur-limpact-sur-la-sante-et-lenvironnement-de-la-consommation-de-viandes-rouges-et-de-viandes-transformees/
- documentaire Arte : https://www.arte.tv/fr/videos/123428-012-A/est-il-vrai-que-nous-avons-toujours-mange-de-la-viande/ 
- Recettes alternatives végan : https://vegan-pratique.fr/recettes/ 


dimanche 9 août 2026

Panne de lecture

 Hey bloggers, 

En ce moment j'ai un peu de mal à lire, je ne trouve pas la motivation. Je passe mon temps à regarder pleins d'autres super blog ou à traîner sur youtube. 

J'ai envie de faire pleins de choses mais je reste figée à ne rien faire. J'espère que je retrouverai ma motivation bientôt.

via GIPHY

mercredi 5 août 2026

Matthew “Le Moine” Lewis : piller de la littérature gothique et maître d’esclaves

 

Il y a quelques temps, j’ai lu un livre qui m’a profondément marqué, et auquel je pense souvent. Ce livre, c’est Le moine du romancier et dramaturge anglais Matthew Gregory Lewis, paru en 1796.

Ce n’était pas le premier roman gothique que j’ai eu le plaisir de lire. J’ai toujours eu un attrait pour le mystérieux, l’horreur, le morbide et les vieilles choses toutes poussiéreuses qui croupissent dans un coin.

J’ai évidement commencé très jeune avec les livres Chair de poule (un classique de la gen Z) pour évoluer vers des classiques tels que Jane Eyre, Les Hauts de Hurlevent, Burnt Offering, Carmilla, Frankenstein et tant d’autres œuvres plus ou moins connus.

Pour faire court, le genre gothique apparait fin XVIII siècle et domine la littérature au XIX siècle. Ce genre se construit autour du macabre, des mystères, de l’horreur, des phénomènes inexplicables et dont l’ambiances s’inspires des vestiges du Moyen-Age (Manoirs isolés, Ruines de châteaux, églises). Mais la littérature gothique ne s’arrête pas la. C’est aussi un genre engagé, qui critique la société, et ose mettre au premier plan la transgression et les tabous.

J’aimerai faire une série sur tous les livres gothiques que j’ai lu et qu’il me reste à lire mais pour l’heure il est temps de parler d’un des plus grands chefs d’œuvres de la littérature gothique (à mon humble avis) qu’il m’ait été donné de lire.

Surnommé Matthew “Le Moine” Lewis de son vivant, traduisant l’ampleur et l’impact de son premier roman, il est érigé en tant que figure pionnière de la littérature gothique dans le Monde.

Mais alors, qu’est ce que ce roman peut-il bien avoir d’aussi extraordinaire que ça ?

Pour commencer, j’ai découvert ce livre dans un post Instagram qui recommandait plusieurs classiques gothiques à lire. J’en ai choisi un au hasard et je suis tombé sur Le Moine qui fait aujourd’hui parti de mes meilleurs lectures.

 Ce qui m’a donné envie de lire Le moine à travers ce résumé, c’est cette critique évidente de la religion, et plus particulièrement de l’Eglise catholique, dépeinte comme hypocrite. J’ai moi même été élevée dans la religion chrétienne, jusqu'à devenir athée il y a plusieurs années de cela, après avoir développé mon propre esprit critique. Mais c’est peut-être l’une des raisons pour laquelle je me retrouve toujours attirée vers des histoires morbides qui impliquent corruptions, diable, et phénomènes mystiques autour des églises et de la religion catholique, qui sait…

Il faut bien comprendre qu’à l’époque, sortir un tel roman macabre, rempli de scènes obscènes ( en vrai ça va ) a créé un énorme scandale. C’est donc en 1952 seulement que que la maison d’édition Grove Press publie le texte de Lewis sans censure (il est mort en 1818 quand même).

Le roman devient LE phénomène du moment, Le sujet de conversation.

Bien que l’on suive deux personnages, Ambrosio et Antonia, le fil conducteur du roman se construit autour de la descente aux enfers (littéralement) du jeune et très prometteur prêtre Ambrosio. Le fait est que ce roman n’est pas parfait (j’ai parfois eu du mal à comprendre le contexte du début), mais il questionne les fondements d’une morale et d’une vertu basée sur le Sacré. Ici, le Moine lutte en vain contre ses désirs. Il finit par perdre sa vertu et puis, foutu pour foutu il finit par commettre les pires crimes possibles.

Maintenant que vous avez le contexte du roman, il est important de faire un point sur qui était Matthew Lewis.

Tout d’abord, il était riche, vraiment riche. Son père lui a légué une énorme fortune en 1815, ce qui lui permis d’entreprendre un voyage vers la Jamaïque, où une plantation dont il avait également hérité l’attendait… (n’oublions pas qu’il est anglais).

Alors oui, il a écrit Journal de voyage à la Jamaïque dans lequel il fait part du traitement et des conditions brutales que subissent les noirs rendu.e.s esclaves.

Mais officiellement, il n’a jamais cherché à les rendre libre, seulement à améliorer leurs conditions de “travail” et leurs conditions de vie avec des réformes se voulant clémentes sur les plantations.

Il meurt d’ailleurs à bord de son bateau, lors de sa seconde expédition vers la Jamaïque, à la suite d’une attaque de fièvre jaune. Enfin… c’est le récit officiel. Mais la rumeur veut que ce soit ses esclaves, ayant reçu la promesse d’être libérés à la mort du romancier, qui aient accéléré le processus à l’aide d’un poison.

Enfin… ce ne sont que des rumeurs. Quoi qu’il en soit, j’aurai aimé que ces informations soient plus faciles à trouver et surtout que l’on dépeignent moins Lewis comme un philanthrope "sauveur d’esclaves", mais bien pour ce qu’il était : un propriétaire de plantation en Jamaïque.

Malgré cela, il a laissé derrière lui un héritage non négligeable pour la littérature gothique. Il a forgé le pas pour des futurs écrivain.e.s, et oui je fais surtout évidemment référence à Mary Shelly.

Il faut savoir que les obsessions pour le morbide de M.Lewis ont été révélé par une très bonne connaissance à lui, le poète romantique Lord Byron. En 1816, un scandale sexuel éclate, ce qui amena Byron à s’exiler dans les Alpes suisses, accompagné de plusieurs autres personnalités dont le poète Percy Shelly.

Quand Matthew Lewis rend visite à ce beau monde, conta des histoires gothiques pour les amuser ( ou leur faire peur ). L’assemblée, après son départ, lance un concours d’écriture d’histoires de fantômes dont Mary Wollstonecraft Godwin, maîtresse de P.Shelly, écrit un des récits fondateurs du genre gothique : Frankenstein.

**Frisson**




Note : J’utilise délibérément le terme esclave plutôt que personne asservie pour accentuer les conditions inhumaines infligées aux populations noires, et ne pas les minimiser.

Mes sources proviennent principalement du livre Gothic : La culture des ténèbres de Gavin Baddeley qui reprend lui même beaucoup ses propos du marquis de Sade ( figure gothique emblématique mais aussi très controversée de son époque ). On peut également trouver une bibliographie très complète à la fin du livre.

Recommandation d’articles sur Le Moine : Brooks, Peter. « La vertu et la terreur : Le Moine ». Romantisme, 2013/4 n° 162, 2013. p.85-97. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-romantisme-2013-4-page-85?lang=fr. 

Que lire après Le Moine : https://www.babelio.com/livres/Lewis-Le-Moine/9784/recommandations


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TBR October !

It's finaly here ! I have been waiting for this month since January ! And what's the most exciting thing about this month is that I ...

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