Ce n’était pas le premier roman gothique que j’ai eu le plaisir de lire. J’ai toujours eu un attrait pour le mystérieux, l’horreur, le morbide et les vieilles choses toutes poussiéreuses qui croupissent dans un coin.
J’ai évidement commencé très jeune avec les livres Chair de poule (un classique de la gen Z) pour évoluer vers des classiques tels que Jane Eyre, Les Hauts de Hurlevent, Burnt Offering, Carmilla, Frankenstein et tant d’autres œuvres plus ou moins connus.
J’aimerai faire une série sur tous les livres gothiques que j’ai lu et qu’il me reste à lire mais pour l’heure il est temps de parler d’un des plus grands chefs d’œuvres de la littérature gothique (à mon humble avis) qu’il m’ait été donné de lire.
Surnommé Matthew “Le Moine” Lewis de son vivant, traduisant l’ampleur et l’impact de son premier roman, il est érigé en tant que figure pionnière de la littérature gothique dans le Monde.
Mais alors, qu’est ce que ce roman peut-il bien avoir d’aussi extraordinaire que ça ?
Pour commencer, j’ai découvert ce livre dans un post Instagram qui recommandait plusieurs classiques gothiques à lire. J’en ai choisi un au hasard et je suis tombé sur Le Moine qui fait aujourd’hui parti de mes meilleurs lectures.
Ce qui m’a donné envie de lire Le moine à travers ce résumé, c’est cette critique évidente de la religion, et plus particulièrement de l’Eglise catholique, dépeinte comme hypocrite. J’ai moi même été élevée dans la religion chrétienne, jusqu'à devenir athée il y a plusieurs années de cela, après avoir développé mon propre esprit critique. Mais c’est peut-être l’une des raisons pour laquelle je me retrouve toujours attirée vers des histoires morbides qui impliquent corruptions, diable, et phénomènes mystiques autour des églises et de la religion catholique, qui sait…
Il faut bien comprendre qu’à l’époque, sortir un tel roman macabre, rempli de scènes obscènes ( en vrai ça va ) a créé un énorme scandale. C’est donc en 1952 seulement que que la maison d’édition Grove Press publie le texte de Lewis sans censure (il est mort en 1818 quand même).
Le roman devient LE phénomène du moment, Le sujet de conversation.
Bien que l’on suive deux personnages, Ambrosio et Antonia, le fil conducteur du roman se construit autour de la descente aux enfers (littéralement) du jeune et très prometteur prêtre Ambrosio. Le fait est que ce roman n’est pas parfait (j’ai parfois eu du mal à comprendre le contexte du début), mais il questionne les fondements d’une morale et d’une vertu basée sur le Sacré. Ici, le Moine lutte en vain contre ses désirs. Il finit par perdre sa vertu et puis, foutu pour foutu il finit par commettre les pires crimes possibles.
Maintenant que vous avez le contexte du roman, il est important de faire un point sur qui était Matthew Lewis.
Tout d’abord, il était riche, vraiment riche. Son père lui a légué une énorme fortune en 1815, ce qui lui permis d’entreprendre un voyage vers la Jamaïque, où une plantation dont il avait également hérité l’attendait… (n’oublions pas qu’il est anglais).
Alors oui, il a écrit Journal de voyage à la Jamaïque dans lequel il fait part du traitement et des conditions brutales que subissent les noirs rendu.e.s esclaves.
Mais officiellement, il n’a jamais cherché à les rendre libre, seulement à améliorer leurs conditions de “travail” et leurs conditions de vie avec des réformes se voulant clémentes sur les plantations.
Il meurt d’ailleurs à bord de son bateau, lors de sa seconde expédition vers la Jamaïque, à la suite d’une attaque de fièvre jaune. Enfin… c’est le récit officiel. Mais la rumeur veut que ce soit ses esclaves, ayant reçu la promesse d’être libérés à la mort du romancier, qui aient accéléré le processus à l’aide d’un poison.
Enfin… ce ne sont que des rumeurs. Quoi qu’il en soit, j’aurai aimé que ces informations soient plus faciles à trouver et surtout que l’on dépeignent moins Lewis comme un philanthrope "sauveur d’esclaves", mais bien pour ce qu’il était : un propriétaire de plantation en Jamaïque.
Malgré cela, il a laissé derrière lui un héritage non négligeable pour la littérature gothique. Il a forgé le pas pour des futurs écrivain.e.s, et oui je fais surtout évidemment référence à Mary Shelly.
Il faut savoir que les obsessions pour le morbide de M.Lewis ont été révélé par une très bonne connaissance à lui, le poète romantique Lord Byron. En 1816, un scandale sexuel éclate, ce qui amena Byron à s’exiler dans les Alpes suisses, accompagné de plusieurs autres personnalités dont le poète Percy Shelly.
**Frisson**
Note : J’utilise délibérément le terme esclave plutôt que personne asservie pour accentuer les conditions inhumaines infligées aux populations noires, et ne pas les minimiser.
Mes sources proviennent principalement du livre Gothic : La culture des ténèbres de Gavin Baddeley qui reprend lui même beaucoup ses propos du marquis de Sade ( figure gothique emblématique mais aussi très controversée de son époque ). On peut également trouver une bibliographie très complète à la fin du livre.
Recommandation d’articles sur Le Moine : Brooks, Peter. « La vertu et la terreur : Le Moine ». Romantisme, 2013/4 n° 162, 2013. p.85-97. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-romantisme-2013-4-page-85?lang=fr.
Que lire après Le Moine : https://www.babelio.com/livres/Lewis-Le-Moine/9784/recommandations
Carrément intéressant merci Aurora pour ton travail ! J'ai hâte de lire les prochains articles 𓆩♱𓆪
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