✉
Witch box mail
˗ˏˋ ꒰ ✉︎ ꒱ ˎˊ˗⊹ ࣪ ˖⏱ ୭˚. ᵎ
my top reading books
𑣿 A shelf of my fav books ever 𑣿

mercredi 23 septembre 2026

La rage inspire la bravoure : bell hooks contre la marginalisation des femmes noires au Etats-Unis

This essai is one of my uni assignement that i wanted to publish. (No use of AI). I hope you'll enjoy my paper.             
-------------------------------------------------------------------------------
 « La rage peut agir comme un moteur qui inspire des actes de bravoure »(p.29). 
Ce sont des mots écrits par bell hooks dans son livre Rage Assassine : mettre fin au racisme, publié en 1995. 
L’autrice y examine les dynamiques du racisme institutionnalisé et des inégalités raciales dans les États-Unis contemporains, en utilisant la rage comme une force dans la lutte contre les oppressions. Elle place au cœur de son analyse le rôle des femmes noires qui ont bien trop souvent été marginalisées quand il était question de lutte raciale. L’argumentation de Bell Hooks réside dans son analyse intersectionnelle des dominations de race, de classe et de genre. 

Dès le début de son introduction elle dénonce l’invisibilisation des femmes noire quand elle dit qu’ « on suppose qu’il n’y a qu’un seul genre quand on parle d’être noir.e, de sorte que les voix des femmes noires ne comptent pas » (p9). Elle fait part de sa rage comme étant légitime et nécessaire pour la libération noire, et que c’est ce qui devrait unir la communauté pour une « lutte renouvelée, organisée ». Elle fait également la critique de la suprématie blanche et du privilège raciale comme étant ce qui structure les relations sociales, économiques et politiques, permettant ainsi de maintenir et perpétuer les oppressions raciales. Cet essai reste cependant un message d’espoir et d’appel à l’entraide collective et à la sororité pour adopter un point de vue intersectionnel des enjeux qu’elle évoque. Pour appuyer son argumentation, bell hooks alterne entre anecdotes personnelles et analyse théorique, ce qui rend son discours riche et y apporte une profondeur, tout en combinant des concepts issus des études postcoloniales et féministes. Pour présenter son argumentation, je me suis concentrée sur deux chapitres qui reprennent des concepts clés des travaux de bell hooks. 

Le premier chapitre « Lutter contre le sexisme dans la vie noire » analyse comment s’est faîte la double oppression des femmes noires et en quoi le patriarcat noir représente un problème intracommunautaire, empêchant la libération noire. Elle souligne ainsi l’invisibilisation des femmes noires dans les luttes antiracistes et appel à une revalorisation de l’expérience de ces femmes afin d’apporter une perspective intersectionnelle à travers le féminisme révolutionnaire. Le deuxième chapitre « Féminisme révolutionnaire. Une vision antiraciale » offre une analyse du féminisme libéral en comparaison avec le féminisme révolutionnaire pour comprendre comment une approche intersectionnelle est la solution pour la destruction des systèmes d’oppressions. Elle critique également l’individualisme comme étant un frein à l’ouverture d’esprit et à la remise en question, insistant ainsi sur l’importance du collectif et des alliances comme outils de lutte. 

Lutter contre le sexisme dans la vie noire 

Dans ce chapitre, bell hooks commence par critiquer le féminisme contemporain comme n’ayant « eu qu’un faible retentissement positif sur les vies noires aux États-Unis. » (p87), avec une prise de conscience tardive et « des conceptions simplistes du féminisme », c’est à dire une dynamique simple de victime(femme)/oppresseur(homme). Elle met en contraste le « féminisme révolutionnaire » qui a une lecture bien plus complexe et complète du sexiste et du système patriarcale. Elle précise que « le féminisme révolutionnaire n’est pas anti-hommes. En fait, il adopte une critique du patriarcat qui implique de comprendre en quoi la vie des hommes noirs se trouve menacée lorsqu’ils se laissent absorber sans esprit critique par le patriarcat et qu’ils participent à son maintien. » (p.88). Le féminisme révolutionnaire ne se concentre pas uniquement sur l’accusation de l’homme en tant que l’oppresseur de la femme, mais sur la façon dont nous participons tous.tes au maintien et à la perpétuation de l’oppression sexiste. 
bell hooks continue en accusant les « femmes noires des milieux universitaires » d’utiliser les questions de genre comme « une stratégie opportune pour progresser dans leur carrière ». Elle explique que « comme beaucoup de femmes ayant une carrière, elle s’investissent dans la lutte contre les inégalités de genre principalement lorsque celles-ci empêchent leur progrès. Elles font rarement le lien entre cette préoccupation et le féminisme révolutionnaire qui vise à transformer la société et implique une critique radicale du racisme, du capitalisme et de l’impérialisme, autant que le sexisme. » (p.88). Ce qu’elle reproche à ces femmes c’est de manquer d’esprit critique et de renoncer à l’amélioration de la vie noire. Elles utilisent mal le féminisme, seulement en tant que moyen de défense et protection dans un but égocentrique, et non en tant qu’outil de lutte dans la vie noire communautaire. Elle le qualifie de « féminisme libéral réformiste rudimentaire » qui ne fait « qu’empirer les antagonismes entre les femmes et les hommes noir.es. ».
 L’idée principale que l’autrice développe tout au long du chapitre est que « l’une des barrières les plus importantes pesant sur notre capacité, en tant que Noir.es, à lutter collectivement contre le sexisme et l’oppression sexiste, est l’équation perpétuelle entre la libération noire et le développement d’un patriarcat noir. »(p.89). En outre, elle exprime le fait que la construction d’un patriarcat noir est liée à la libération des Noirs, et que donc la soumission des femmes serai la solution à la libération du racisme. On observe alors une double oppression des femmes noires, créant des tensions au seins de la communauté. L’idée que la domination des femmes noires compenserai la domination suprémaciste blanche amène à une invisibilisation de la parole des femmes noirs puisque elle dit qu’« on pense encore qu’il suffirait d’écouter les hommes patriarcaux, et que notre capacité à avancer en tant que peuple dépendrait du solide leadership des hommes noirs. ». Cette conception « incite et encourage également les gens à accepter inconditionnellement l’idée que les hommes noirs qui se comportent comme des « patriarches puissants » sont les seuls porteurs du savoir nécessaire. ». Elle critique fortement cette pensée en rajoutant que même « les blanc.hes sont beaucoup plus enclin.es à écouter les hommes noirs qui s’affirment selon les codes du patriarcat que ceux qui ne le font pas. » (P.89). Pour se faire accepter par les blanc.ches et espérer mettre fin au racisme, il faut se conformer au patriarcat. 
On retrouve l’illusion d’un patriarcat noir comme la délivrance du racisme dans beaucoup d’écrit du XIXème siècle. Bell Hooks cite notamment Delaney, Du Bois, Douglas, King et même Malcom X qui « suggères souvent que les blessures de la suprématie blanche seront guéries lorsque les hommes noirs s’affirmeront non comme des sujets libres, décolonisés et en lutte, mais comme des « hommes ». » Non seulement la voix des femmes n’est pas entendu ni reconnu, mais en plus ils créer une double oppression de celles-ci en les incitant à se taire et obéir. C’est en l’« homme » que se trouve le sauveur, que se trouve le symbole de la force et de la virilité. Les femmes n’ont pas de place dans cette lutte, qui pourtant les concernent tout autant. Ils ne cherchent pas une réelle liberté, mais une affirmation et une validation auprès de la suprématie blanche. 
Par la suite, l’analyse que l’autrice fait entre la pensée des leaders du XIXème siècle comparé à ceux du XXème siècles est essentiel pour comprendre comment le patriarcat noir fort s’est installé dans la communauté noir. La principale préoccupation de la lutte pour le soulèvement raciale du XIXème siècle se base sur l’envie d’« assurer un revenu pour leur famille » avec une idée bienveillante du patriarcat, alors que celle du XXème siècle « se manifeste principalement par la domination des femmes. ». (p.91). Elle cite Paul Gilroy, un auteur qui revient souvent dans ce chapitre : « Le genre est la modalité selon laquelle est vécu la race ». Par là, Bell Hooks comprend que « l’équation entre libération noire et masculinité noire promeut et cautionne le sexisme des hommes noirs. ». C’est à dire que, dans un contexte de suprématie blanche dirigé par le patriarcat et le capitalisme, le seule moyen d’affirmer sa masculinité est dans sa capacité à dominer et contrôler les femmes noires. Paul gilroy parle de « culture de la compensation ». bell hooks parle d’une masculinité redéfinie à la suite de l’intégration raciale. En effet, à la suite de l’obtention de l’égalité des droits, les hommes noirs sont devenus moins enclin à lutter « avec attention contre la suprématie blanche », pour se concentrer principalement « sur la subordination des femmes. ». 
Ainsi, « des hommes noirs qui dans ce contexte capitaliste, n’accéderaient jamais à certains emplois qui leur permettraient de nourrir leur famille, pouvaient encore se sentir des « hommes. ». » (p.92). On retrouve ici l’idéologie des discours des leaders du XIXème siècle qui parlaient d’affirmer son pouvoir en tant qu’« homme » pour se faire respecter dans la lutte anti-raciale. 
Ainsi, les vestiges de l’image du « patriarche protecteur et bienveillant » qui permet de subvenir aux besoins de la famille est très encrée dans la communauté noir, ce que bell hooks qualifie de « fantasme démocratique ». 
En effet, « de nombreux hommes noirs, et même des femmes noires, croient que cette crise serait résolue si les femmes noires acceptaient tout simplement un statut subordonné, indépendamment du fait que les hommes travaillent ou non. ». En cette idée apparaît une contradiction amenant à la « crise dans la vie noire », comme le défini bell hooks, puisque asservir les femmes noires serai la solution à la fin du racisme, d’où cette « culture de la compensation ». En réalité, ce système basé sur un schéma patriarcale ne profite qu’aux hommes, ce qui à entraîné « une tension et une hostilité inédites […] entre les femmes et les hommes noir.es. » (p.92). bell hooks critique cette pensée en disant que le système économique actuel profite aux blanc.hes et donc que les hommes noirs n’arriverons jamais à travailler et nourrir convenablement leur famille, peut importe à quel point ils adopte un schéma patriarcale. Elle ajoute que l’idée émise par des hommes noirs respectés d’« exercer un pouvoir patriarcal à la maison et au travail » ne les a en rien amené vers la fin de l’oppression raciale et vers le début d’une vie meilleure.
C’est ainsi qu’elle pose la réflexion : « il serait libérateur pour les hommes et les femmes noir.es de se demander si l’appropriation des normes sexistes conventionnelles a fait progresser la vie noire. ». Elle demande une remise en question du patriarcat qui engendre une masculinité toxique et qui rend les noirs complice du système capitaliste suprémaciste blanc. Pour appuyer son propos, elle prend l’exemple des meurtres des Noir.es commis sur des Noir.es qui n’est qu’une « expression de la masculinité patriarcale », puisqu’ils agissent sous la pression de constamment prouver leur virilité. Ce qui occupe la plus grande partie du chapitre c’est la façon dont les rôles genrés oppressifs on été perpétué, notamment dans la famille. 
bell hooks apporte une grande importance à la famille qu’elle qualifie comme étant « le lieu privilégié de la socialisation et de la politisation car c’est précisément là que la plupart d’entre nous forment leurs idées sur la race, le genre et la classe. » (p.100). Nous allons donc nous attarder sur ces réflexions et la façon dont le colonialisme à structuré les rôles genrés des communautés noires aux Etas-Unis. 
Avant de commencer son analyse, Bell Hooks nous fait part d’une anecdote concernant son frère. On lui a appris très jeune qu’être un « homme » signifiait avoir un grand sens des responsabilités, dont il ne voulait pas. Il voyait cela comme une « fardeau » et l’associait à « une absence de plaisir ». Elle prend l’exemple de la brouette, quand ils étaient jeunes, que lui devait pousser, ce qui représentait le travail, pendant que Bell Hooks devait de se faire pousser. Chacun avait un rôle précis associé à leur genre, ce que critique l’autrice. Elle dit qu’iels auraient « pu voir les choses différemment si [iels avaient] tous.tes les deux appris à partager mutuellement le plaisir de monter dans la brouette et le travail qui consistait à la pousser ! »(p.96). 
En grandissant, son frère a refuser de se conformer aux stéréotypes de genres par le refus de devenir responsable. On voit ici l’impact négatif que peut avoir les normes de genres, qui au lieu de libérer, restreignent. Bell Hooks critique « la famille comme lieu de rédemption » pour guérir du racisme. Elle explique qu’« en général, la vision d’une famille noire « saine » se résume à des foyers patriarcaux, dirigés par des pères de famille ». Même si l’autrice considère la famille comme un « espace fondamental et important pour l’éducation, la conscience critique, la décolonisation, etc », elle rejette totalement l’idée que la famille doit être patriarcale. Elle prends pour exemple les écrits féministes des Blanc.hes qui démontre « que la famille patriarcale ne représente aucunement un modèle de libération. » (P.99). On retrouve les vestiges du colonialisme quand elle dit : « la plupart des femmes noires n’ont pas été encouragées à devenir des « femmes » dans un sens sexiste traditionnel– c’est à dire à être faible et subordonnées. ». Dans un contexte où « d’autres qualités on été nécessaires pour que nous puissions intégrer les masses laborieuses, diriger des familles et, lorsque c’était nécessaire, protéger et pourvoir aux besoin de nos proches », elles ont également du placer la féminité au centre de leur préoccupation.
 Par ailleurs, le modèle patriarcale est reproduit dans les familles même sans une figure masculine. En effet, on parle d’un encrage tellement fort de l’idée de « la supériorité masculine » que les mères de famille inculquent ces même valeurs à leurs fils, ainsi le schéma se répète. « Les hommes noirs élevés par des femmes célibataires fournissent des témoignages en nombres infini sur la manière dont on les a bombardés, au cours de le socialisation, par l’idée qu’il fallait « être un vrai homme ». ». (p.99). 
Peut importe la bienveillance apporté dans la reproduction d’une organisation patriarcale au sein de la société et de la famille, il sera toujours plus destructeur qu’autre chose car les hommes privilégirons toujours leur affirmation de la virilité sur tout le reste pour prouver leur capacité à être un « vrai homme ». 
Évidemment, bell hooks ne se contente pas seulement de critiquer. Elle réfléchi à des solutions, des alternatives et nouvelles façon de penser, tout en s’appuyant sur le féminisme révolutionnaire. Elle cherche une remise en question de la part de ses lecteur.ices. L’autrice amène les hommes et femmes noir.es à rejeter la masculinité patriarcale et à la redéfinir pour qu’elle ne soit plus destructrice pour les hommes noirs. « La masculinité n’a pas besoin d’être définie par une conception sexiste de la virilité. »(p.93). 
Par ailleurs, elle appel à un changement dans la vision genrée des sexes, ce qui permettrait la désinvisibilisation des femmes noires dans les luttes. En effet, il faudrait déconstruire notre approche du genre faible sur le genre fort, « de repenser notre conception de la féminité et de la masculinité », et se voir en tant qu’hommes et femmes égaux. Chaque individu devrait s’imprégner de ces deux catégories pour constituer une véritable « identité personnelle ». En faisant cela, la structure patriarcale n’aurait plus sa place et la hiérarchie des sexes deviendrait caduque. 
Nous l’avons vu, la famille noire peut autant être un lieu destructeur qu’un lieu de rédemption. Ce que Bell Hooks propose c’est de ce concentrer sur ces familles « progressiste, non-autoritaire » qui se base sur « l’amour » comme « un principe fondamental ». Elle explique que « si les familles reconnaissaient l’amour comme cet effort que nous faisons pour créer un contexte de croissance émotionnelle, spirituelle et intellectuelle, elles se concentreraient sur la coopération la valeur de la négociation, la transformation progressiste et le partage des ressources. »(p.101). En ce sens, le point de vue féministe est une « inspiration » et appel aux universitaires de se concentrer sur l’étude de ces familles là afin de montrer une réelle différence entre ces deux systèmes. 
La justice ne devrait pas être associé à la virilité, c’est pour cela que bell hooks dit que « la première tâche de notre programme doit être la reconnaissance individuelle et collective du fait que la justice et l’intégrité de la race doivent être définies en fonction de la liberté qu’ont les hommes et les femmes noir.es de s’auto-déterminer. »(p.103). 
En outre, le pouvoir patriarcal n’est en rien synonyme de liberté noir et c’est quand cette pensée sera assimilé que la justice sera pour tous.tes. Les féministes révolutionnaires pourront enfin avoir la visibilité et la légitimité de se battre contre les oppressions. « Le rejet par les hommes noirs de l’équation entre virilité patriarcale et la liberté entraînerait une révolution profonde et positive pour la vie noire. » est une phrase puissante qui résume le combat du féminisme révolutionnaire. 

 Féminisme révolutionnaire. Une vision antiraciste 

bell hooks commence par rappeler la forte distinction entre le féminisme révolutionnaire et le féminisme plus large qui « vise principalement à ce que les femmes blanches de classes sociales privilégiées obtiennent l’égalité sociale et économique avec les hommes de leur classe. »(p.133). Le combat qu’elles ont gagnées, à savoir l’entrée dans le monde professionnel n’est pas tant grâce à la pensée féministe « mais celui du système économique patriarcale capitaliste et suprémaciste blanc. ». En outre, elles sont devenues le système qu’elles voulaient détruire, après avoir eu ce qu’elles voulaient. Elles sont à présent devenues l’oppresseur puisque cela leur permet d’obtenir autant de pouvoir et d’avantages que l’homme blanc. Elle appelle cela la « cooptation patriarcale ». 
En continuité avec le chapitre que nous avons vu précédemment, les hommes noirs ne pourront pas accéder à des emplois même en adoptant un système patriarcale car cela ne profiterai pas au système capitalisme suprémaciste blanc.
 Cependant, il y a des femmes qui ont gardés leur position d’une vision radicale de la politique féministe et « se sont vite retrouvé marginalisées. ». On retrouve l’ exemple femmes blanches universitaire qui on été congédiées après avoir lutter pour ouvrir des départements consacrées aux aux femmes dans tout les États-Unis. bell hooks critique par la suite des femmes blanches qui se sont approprié le discours féministe intersectionnel des femmes noires uniquement pour servir leur intérêts, à savoir « faire progresser leur carrière ». On retrouve un dénigrement bien plus prononcé chez les « féministe du white power » qui assurent que la lutte du féminisme ne se trouvent pas dans une approche inclusive mais qu’il doit avant tout permettre « à quelques femmes blanches d’accéder au pouvoir et à la richesse de la classe dirigeante » (p.133). bell hooks en fait la qualification d’une « appropriation opportuniste » qui laisse penser que le féminisme est uniquement une affaire de bourgeoises. Elle accuse également les médias de jouer un rôle important dans la porté du messages des white feminism et que c’est notamment pour cela que les femmes noires « ne comprennent pas l’histoire du mouvement ». Elles perçoivent alors le féminisme comme « une menace » en l’associant à la domination suprémaciste blanche. Elles peuvent même être perçu, par leurs pairs, comme « trahissant la race », en utilisant ce terme associé à la bourgeoisie blanche. Cet argument permet évidemment avant tout de « les empêcher d’adopter une politique féministe ». 
Ainsi, l’ordre du système du patriarcale et des normes genrées reste encrées dans la communauté noire. On observe également la montée d’une « pensée nationaliste », fait remarquer l’autrice, ce qui maintient le patriarcat et les rôles genrés, tout en continuant de marginaliser les femmes noires défendant une politique féministe. Malgré tout, la pensée marxiste est très présente pour celleux qui « cherchent à radicaliser leur conscience de classe », bien que Karl Marx soit fondamentalement raciste. 
Par la suite, bell hooks parle de « condescendance patriarcale » des hommes noirs qui empêchent la véritable « libération noire ». De ce fait, ils donnent encore plus de pouvoir aux femmes blanches se proclamant féministe pour « y projeter leurs idées conservatrices et réactionnaires. ». En effet, on assiste à un barrage du féminisme par des hommes noirs qui veulent continuer d’adopter une structure patriarcale, et ainsi éloigner les femmes noirs de la politique du féminisme révolutionnaire. Ils préfèrent laisser les white feminist promouvoir leur idées conservatrices et libérales dans le seul objectif de « dissimuler une allégeance au sexisme et à la pensée patriarcale dans la vie noire. » (p.136). Ainsi, les femmes blanches et les hommes noirs conservent leurs privilèges tout en réduisant les femmes noires au silence.
Par ailleurs, celles qui refusent le plus la « solidarité entre femmes » et rejettent le féminisme révolutionnaire sont « les femmes blanches privilégiés d’un point de vu économique » et bénéficiant d’un pouvoir égal aux hommes blancs. Le féminisme blanc ne profite qu’aux blanches et elles en ont conscience. C’est pour cela qu’accorder trop de pouvoir aux femmes noirs en adoptant une vision antiraciste du féminisme ferai perdre leur position sociale à ces femmes blanches. Elles ne veulent donc pas réellement remettre en question les systèmes d’oppression (capitalisme, patriarcat) mais se concentrer plutôt sur des revendications institutionnelles (égalité salariale, accès à des postes de pouvoir) uniquement dans le but de jouir du même statut social que les hommes blancs. Que ce soit de façon consciente ou inconsciente, le féminisme libérale est insuffisant et n’inclue pas les femmes noires, ni ne se concentre sur la source du problème. bell hooks fait part d’une expérience qu’elle à vécu lorsqu’elle à été approché par des reportrices blanches qui diffuse leur émissions sur la chaîne ABC afin de parler du féminisme révolutionnaire. Seulement, elle s’est retrouvée ignorée quand elle à commencée à parler de race, l’accusant de dévier du sujet. Elle dit : « On nous reproche de faire des digressions ou de changer de sujet, au lieu d’ajouter de la profondeur et de la complexité à notre compréhension. » (p.137). Elle explique que dans ce contexte il est normal de voir que très peu de femmes noires féministes défendre cette « politique révolutionnaire féministe ». Pour parvenir à atteindre un public il faut alors ignorer les problèmes de race, ce qui amène à cibler un public blanc. De plus, les femmes noires passant dans les médias adoptent une « politique libérale ou conservatrice » quand il s’agit de question de genre. bell hooks les qualifie « d’opportunistes » qui, comme les femmes blanches, veulent garder leur statut privilégiés pour continuer de gagner en visibilité. On voit donc ici comment le rôle des médias façonne l’opinion général et son importance dans la visibilité des combats. Pour que la vision radicale du féminisme révolutionnaire ne soit pas effacé par le féminisme du « white power », les militantes doivent constamment s’opposer avec force. 
Même si l’autrice précise bien que ce sont les femmes noires qui restent en première ligne pour défendre leurs droits, de plus en plus de femmes blanches rejoignent le mouvement dans « une expression de solidarité et de sororité importante et puissante ». (p.139). Elle cite un texte du recueil The Coming of Black Genocid écrit par des féministes blanches qui démontre cette sororité. Deux thèmes sont développer : « lutter radicalement contre la complicité des femmes blanches dans le génocide des noir.es en cours et de la guerre que mène le patriarcat contre les femmes ». (P.139). Elle critique cependant le fait qu’aucune source n’a été citées, aucunes penseuses noire n’a été mentionnées, donnant l’impression que les femmes blanches ont elles-même trouvés ces idées, alors qu’elles ont été introduite par les penseuses noires. Cela amène encore une fois à une invisibilisation des femmes noires.
 bell hooks parle ensuite des femmes blanches alliées qui se sont détournées du féminisme suprémaciste blanc. Elle évoque la sororité possible entre femmes noires et femmes blanches, qui doivent constamment se battre pour qu’on les entendent. Encore une fois, les médias sont complices de cette invisibilisation en ne montrant pas leurs travaux ni en ne montrant cette solidarité. Elle souligne l’importance de cette visibilité car elle explique « c’est là un rêve utopique que d’imaginer que des femmes blanches se détourneront de la pensée de la suprématie blanche par elles-même, sans un engagement critique et un échange dialectique avec leurs camarades non blanches. » Ces femmes ont besoin de se faire voire, de montrer une alternative inclusive et intersectionnelle. bell hooks appelle à « interaction concrète entre ces groupes » (p.142). A partir de la elle évoque « la compétition » comme la cause du rejet du féminisme révolutionnaire par les femmes blanches. Elle cite le livre Memoir of race de Mab Segrest qui parle de la concurrence qui à dirigée les aspects de sa vie et d’à quel point ça l’a conditionnée dans « l’individualisme ». C’est grâce à une vision intersectionnelle mélant la race, la classe, la culture qu’elle a pu ouvrir les yeux et se rendre compte qu’elle n’était pas seule. Elle venait d’être « délivré », selon ces termes. Pour Bell Hooks c’est une évidence, il faut « résister à l’éthique de de la compétition » et la remplacer par « une éthique communautaire ». Il n’y a que comme ça que les luttes avanceront.

Contrairement au début du chapitre, le ton accusateur de Bell Hooks s’apaise pour donner une explication plus calme sur la raison de ces femmes blanches à refuser le féminisme révolutionnaire. C’est « souvent parce qu’elles évoluent dans des structures qui encouragent la compétition »(p.142). C’est donc ici tout le système de compétition qu’elle critique, donnant le pouvoir aux femmes blanche de réaliser qu’elle ne laisse place à « aucune valeur à la collaboration et à l’échange dialectique » en choisissant de se concentrer sur individualisme plutôt que le communautarisme et la sororité. Segret est à nouveau citée. Il s’agit d’un verbatim que je vais réécrire et commenter car il reprend parfaitement le message que bell hooks veut exprimer : « Lenny m’a appris que le fascisme était principalement dû à l’isolement, à des mouvements politiques qui rompent délibérément les liens entres les gens, de sorte que ceux-ci finissent par avoir une confiance aveugle dans un leader ou un idéologie. Le pasteur Lee m’a montré comment aller à la poursuite des égaré.es, pour lutter contre l’isolement imposé par le déni, la terreur et l’idéologie de la haine. ».
Les gens on besoin de quelqu’un qui les guides, ils ont besoin de croire en un leader en qui ils pourront aveuglément faire confiance. Le fait de suivre une idéologie les fait se sentir important.es. Dans le cas du fascisme, c’est la haine et la peur de perdre les privilèges qui guide ces personnes. « Mais j’étais moi même perdue et je me suis retrouvée, en partie en tout cas, dans ma quête des autres. Cela fait de moi une personne différente – mais pas meilleure – de mes parents. Pour me différencier, je devais accepter les choses qu’iels m’avaient transmises, ce que, paradoxalement, je ne pouvais pas faire avant d’être certaine d’être moi-même. « lorsque les gens doivent choisir, ils optent pour leur propre race », m’avait dit un jour ma mère, mais elles avait tort. ». bell hooks à évoquée l’importance de la famille en tant que construction identitaire. On a ici le parfait exemple de l’endoctrinement de la haine, du rejet des autres et surtout de l’individualisme et de la compétition. « Il n’est pas question de choisir une race ou une famille et de trahir les un.es les autres. Nous devons choisir la justice ! La communauté ! L’humanité ! L’intuition que nous ne formerons qu’un seul organisme... ». C’est avec ces mots puissant que Bell Hooks fini de citer l’autrice. La justice, la communauté sont les concepts que l’autrice utilise pour défendre le féminisme révolutionnaire. C’est un texte qui me touche, tout comme il à touché Bell Hooks puisqu’elle affirme qu’il faut montrer, faire circuler ce genre de texte pour espérer à une sororité et une lutter contre le white feminism. Alors que le chapitre avait commencé par un ton accusateur et fermé a toute négociation avec les femmes blanches, il se termine par l’espoir d’une alliance pour lutter ensemble contre les dominations.

2 commentaires:

  1. coucou <3 je commente pour garder une trace de l'article. c'est l'une de mes autrices préférées et je suis trop happy de voir quelqu'un en parler ! <3 t'es en llcer anglais, j'imagine ? j'ai hyper HÂte de le lire, t'as gagné une nouvelle abonnée ♡

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. OMG ca me fait trop plaisir de voir ton commentaire, merci ! j'espère que tu va aimer, j'ai fais un master de Genre (sur les inégalités de genre, et les minorités etc) et on devait choisir une oeuvre littéraire et analyser quelques chapitres. J'adore bell hooks aussi, j'ai pleins de ses livres et je suis trop heureuse que quelqu'un s'y intéresse ! je vais passer voir ton blog <3

      Supprimer

📌. ݁₊ ⊹ . ݁˖ . ݁

TBR October !

It's finaly here ! I have been waiting for this month since January ! And what's the most exciting thing about this month is that I ...

Articles les plus consultés

▶𝚈𝚘𝚞𝚝𝚞𝚋𝚎 ༘⋆📼˚ ༘ ೀ⋆。˚